Aujourd’hui nous souhaitons vous parler d’un concept clé de la Transition énergétique et environnementale  : la Smart City.

En France, il est déjà possible d’observer de nombreuses communes développant de mieux en mieux les principes d’une ville intelligente et durable. Une ville capable de répondre à l’évolution et à l’émergence des besoins des citoyens, tant sur le plan économique, social, qu’environnemental.

Comme l’indique Cisco,  le classement des Villes Intelligentes en France pourrait être ainsi résumé :

1ère place – Lyon

L’agglomération lyonnaise réalise en effet de nombreuses expérimentations pour créer les services de demain et favoriser les usages innovants. Lyon est notamment une ville pilote en matière de réseaux électriques intelligents.

2ème place – Lille 

La métropole lilloise a mis l’emphase sur le développement des énergies renouvelables et réalise actuellement des projets d’expérimentation Smart grid et Smart water.

3ème place – Nantes 

La ville verte s’est engagée pour le développement durable avec la création d’éco-quartiers et est très impliquée dans la réduction de l’empreinte carbone des véhicules individuels.

4ème place – Issy-les-Moulineaux 

La ville a mis à disposition des citoyens un système d’accueil unique et centralisé IRIS pour tous ses services municipaux.

5ème place – Paris 

La capitale se distingue par ses multiples projets et actions en faveur du mieux vivre ensemble. Il suffit de penser au projet «Réinventons nos places » qui porte sur 7 places chargées d’histoire et de symboles : Bastille, Fêtes, Gambetta, Italie, Madeleine, Nation ou Panthéon.

Le constat est donc simple : tout le monde aspire à une ville où il fait bon vivre, où les échanges se font de manière fluide et sécurisée, où les modes de vie de chacun, jeunes ou plus âgés sont respectés, intégrés. Il apparaît donc indispensable de réfléchir et de travailler aux politiques à mettre en œuvre pour construire la ville de demain.

Mais comment bâtir une Smart Energy City vraiment efficace ?

La Parole d’Expert :  Eric Morel

Afin de répondre à cette question, nous recueillons ici les propos d’Eric Morel, Consultant en Transition Énergétique et Digitale chez Mach&Team.

Dans un récent billet, Eric souligne en effet que les facteurs succès des Smart Energy Cities relèvent de trois domaines : 

Organisationnel

  • La gouvernance locale de l’énergie doit souvent être repensée dans le but de coordonner tous les acteurs de la chaîne de valeur de l’énergie, quelle que soit l’énergie (électricité, gaz, chaleur). Cela exige souvent de faire travailler ensemble ou de faire évoluer des structures concurrentes dont certaines peuvent tirer aisément parti de la transition énergétique alors que d’autres peuvent voir leur activité réduire ou menacée.
  • Les villes doivent décloisonner le fonctionnement des différents départements publics pour améliorer leur efficacité sur des thèmes de plus en plus transverses.
  • Elles doivent également établir de nouvelles relations et de nouvelles formes de collaboration public-privé. La défiance avec laquelle ils se considèrent, leurs relations purement clients-fournisseurs dont les notions de qualité et de pérennité sont souvent absentes doivent faire la place à des partenariats plus solides et plus durables.

Technique

Beaucoup de technologies sont désormais disponibles pour que les villes progressent rapidement vers davantage d’intelligence. Elles doivent être déployées de la plus économique des manières : développer une stratégie et une vision globale est un pilier fondateur de cette performance économique. Les compétences nécessaires sont rares et restent souvent à développer avec énergie.

Comportemental

Cette dimension, rarement débattue, est probablement celle qui a l’impact le plus lourd sur les résultats et le succès de la Smart Energy City.

  • La conscience environnementale des citoyens varie fortement d’un pays à l’autre, d’une ville à l’autre. L’évolution de la mobilité dans les villes, par exemple, suppose, je l’ai souligné récemment, un profond changement dans les habitudes de vie. Il est illusoire de viser des résultats rapides sans conscience environnementale. Faut-il dès lors s’appliquer, patiemment, à la développer ou prendre des mesures de plus en plus coercitives pour compenser son absence ? Malgré les difficultés, la première option me semble plus prometteuse.
  • De même, l’engagement des citoyens dans les communautés énergétiques, dans des actions d’efficacité énergétique est un objectif majeur pour assurer la pérennité des performances énergétiques de la ville, rarement considéré avec succès. Engagement et conscience vont de pair : inutile d’attendre l’un pour développer l’autre ; les villes doivent développer progressivement des actions, des dispositifs pour agir sur les comportements.
  • Mais la dimension culturelle n’affecte pas seulement les citoyens. Les évolutions énergétiques que nous visons prendront du temps, les résultats seront longs à se dessiner et, pour autant, nous avons besoin de plans volontaristes : ces plans doivent être développés par toutes les forces politiques de la ville afin de ne pas être remis en cause à chaque changement d’équipe dirigeante. Cela requiert le développement de modes de décisions plus consensuels, davantage basés sur le dialogue, l’écoute et le compromis. La Suisse, l’Allemagne, la Scandinavie, pour ne citer qu’eux, sont des zones plus disposées à ce type de fonctionnement. Les instances municipales des pays où les relations sont des rapports de force, influencés par des oppositions frontales et des luttes auront plus de difficultés à bâtir, rapidement, des villes performantes.

Aussi, Eric Morel rappelle que, concernant chacun de ces 3 thèmes, « nous pouvons partager une vision des enjeux d’évolutions fortes à conduire, constater que les changements nécessaires nous conduisent bien loin de la situation actuelle et que les dirigeants politiques nous semblent quelquefois loin des profils qui nous semblent nécessaires. »

 « Mais ne nous trompons pas ! Les systèmes démocratiques que nous avons bâtis n’incitent pas les dirigeants politiques à prendre les devants en matière de changement : en dehors de quelques d’exceptions qui n’ont pas vocation à être massivement copiées, ils avancent au rythme de l’opinion publique, sans nécessairement la devancer. En faisant preuve de pédagogie et de transparence, ils influencent voire accélèrent l’évolution des demandes mais ils ne les anticipent pas. »

Pour lui, il est donc indispensable de  redéfinir la place de chaque citoyen dans la gouvernance d’une ville :  « la profondeur et l’urgence des changements à accomplir passera en effet par un retour des citoyens au coeur de la gouvernance des villes ».

A propos d’Eric Morel

Plus de 15 ans d’expérience dans les Smart Grids, au niveau international.
  • Co-fondateur de la Gridwise Alliance et ancien membre du board (USA – 2003)
  • Fondateur et directeur de la division Smart Grid et Efficacité Energétique de Schneider Electric (2003)
  • Co-fondateur et président de l’Universal Powerline Association
  • Expert Smart Grids international auprès de nombreuses sociétés
Plus de 15 ans au service de la stratégie, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
  • Directeur d’un centre de R&D (plus de 200 personnes)
  • Directeur du programme de renouvellement de l’offre d’une division de Schneider Electric (coût: 150M Euros)
  • Directeur de la stratégie corporate de Business Innovation de Schneider Electric
  • Fondateur et CEO de la start-up Ilevo – Schneider Electric Powerline Communications

Diplômé de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (1983), Eric a enseigné pendant 6 ans à Grenoble Graduate School of Business, où il a  développé des cours de stratégie, d’entrepreneurship et de leadership pour des cursus Masters et MBA.

Pour plus d’infos, rendez-vous sur le site : http://www.machnteam.com/

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