L’efficacité énergétique, tout le monde est pour. Cependant, différents obstacles ralentissent son déploiement, pourtant indispensable à la transition énergétique. Regards croisés de trois experts sur ces freins et les moyens de les lever.

Interviews : Mechthild Wörsdörfer / Patrick Labat / Renaud Mazy.

Comment définiriez-vous l’efficacité énergétique ?

Patrick Labat : Gagner en efficacité énergétique, c’est parvenir à dépenser moins d’énergie et de ressources pour le même service rendu – par exemple pour assurer la même production industrielle, ou bien pour atteindre le même niveau de confort dans un bâtiment. Si l’on reste sur l’exemple des bâtiments, ces gains peuvent être obtenus de trois façons : par la construction de nouveaux logements, mais cela va prendre du temps ; par la rénovation des bâtiments existants, ce qui est très coûteux avec des retours sur investissement très longs ; par la modernisation intérieure des immeubles, avec des systèmes de régulation automatique, de production d’énergie optimisés, via notamment la cogénération. Il est en outre possible d’améliorer le mix énergétique en mettant en oeuvre les meilleures sources d’énergie disponibles localement. Ces derniers investissements sont plus rapidement amortissables, notamment s’ils sont associés à une sensibilisation des occupants à propos de l’impact de leur comportement sur les consommations.

Mechthild Wörsdörfer : Le secteur du bâtiment est effectivement une question clé en matière d’efficacité énergétique. C’est l’une de nos priorités, car il représente à lui seul presque la moitié de l’énergie consommée en Europe. Les autres secteurs considérés comme énergivores sont notamment les biens de consommation (réfrigérateurs, ordinateurs, voitures… tous plus ou moins efficaces), l’industrie et les transports. Dans le cadre de notre stratégie Énergie 2020, nous avons fixé un objectif désormais bien connu de 20 % d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici à 2020. Pour l’atteindre, nous avons adopté une directive en 2012. Malgré le scepticisme exprimé par certains lors de l’annonce de cet objectif, y compris au sein même des États membres, nous sommes aujourd’hui convaincus que nous allons y arriver. À tel point que la révision, en cours, de la directive ambitionne une amélioration de 30 % à l’horizon 2030.

Renaud Mazy : Réduire les gaspillages est un vrai challenge ! Certes, dans de grandes institutions telles que les hôpitaux, même de petites optimisations de fonctionnement sur des postes tels que la ventilation ou l’éclairage permettent de réaliser d’importantes économies en énergie et en argent. Mais à moyen et long termes, faire de véritables économies d’énergie suppose des investissements dont la rentabilité est loin d’être immédiate : ce sont des choix complexes à effectuer puis à mettre en oeuvre, d’autant qu’ils doivent être faits dans un contexte de restrictions financières importantes pour les hôpitaux. Du coup, nous avons demandé à Veolia de nous accompagner dans la réalisation de différentes études sur l’ensemble de nos activités afin d’identifier des pistes d’économies sur lesquelles travailler ensemble.

Pour continuer la lecture : L’efficacité, levier de la transition énergétique | Planet Veolia

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