L’efficacité énergétique, tout le monde est pour. Cependant, différents obstacles ralentissent son déploiement, pourtant indispensable à la transition énergétique.

Aujourd’hui nous nous entretenons avec Gilles BERHAUL, délégué général pour la Fondation des transitions, afin de mieux comprendre ces frein et les moyens de les lever. 

1. Bonjour Gilles et bienvenue. Présentez-vous en 10 mots…

Je dirige le think-do tank (réservoir d’idées pour l’action) Fondation des transitions. Parallèlement, je suis consultant, avec des missions comme récemment le pilotage du Forum Méditerranéen pour le Climat, le développement du projet de Maison méditerranéenne du climat de Tanger… et je donne des conférences sur les transformations sociétales.

2. Comment définiriez-vous l’efficacité énergétique ?

L’efficacité énergétique a pour objectif de réduire au maximum toutes les consommations. C’est une démarche comportementale autant que technologique, qui nécessite une transition globale, systémique… donc doit se fonder d’abord sur des mesures et du traitement de données, c’est pour cela que le développement du Big Data est aussi important.

3. Quel est votre point de vue sur les principaux obstacles en jeu ?

Les freins sont nombreux. Ils sont liés à une insuffisance d’investissements en RetD sur le sujet. L’état d’esprit dans le domaine énergétique était le « toujours plus » (avec le nucléaire, les hydrocarbures)… au lieu de s’intéresser au « toujours moins sans réduite l’activité ».

Heureusement les mentalités ont évolué, grâce en partie à la COP21, mais la force de l’habitude est là. C’est une question de culture qui doit évoluer. On croit encore trop souvent que parler d’efficacité c’est une contrainte, c’est se priver. Pourtant les univers à explorer sont sources d’innovation. On a aussi forcément du mal à convaincre des producteurs qu’il faut que leurs clients leurs achètent moins d’énergie.

4. Quels leviers, dans votre domaine d’activité, pourraient être utilisés pour accélérer les choses ?

Il faut renforcer les compétences et les capacités à agir. Les français ont souvent du mal à avoir une vision et une pensée systémique, même si c’est moins vrai pour les jeunes générations.

Les solutions technologiques ne sont pas toutes là. L’hydrogène par exemple est sous-exploitée. Nous avons besoin d’attirer les talents sur le sujet de l’efficacité énergétique, ces meilleurs jeunes ingénieurs et chercheurs, ce qui veut dire être capable de mobiliser des financements très importants.

5. Quels résultats ou changements concrets vous amèneraient à considérer que la transition énergétique est réussie ?

L’unique indicateur est la baisse des émissions de carbone. L’Accord de Paris a donné à l’Europe un objectif. Mais les activités humaines vont être de plus en plus consommatrices d’énergie, notamment du fait de l’augmentation très importante de la démographie. Les comportements sont de plus en plus demandeurs d’énergies : usages du numérique, mobilité…

Les cinq clés pour réussir cette transition sont : le renforcement de capacité, la réinvention des modèles économiques, l’acceptabilité dans les changements de comportement, l’innovation technologique et la gestion des temporalités dans une bonne coopération.

Nous donc devons réellement « entrer en transition »… Ce sera une transition permanente pendant au moins des décennies !

A propos de l’association ACIDD

 

 

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