NégaWatt  est un terme inventé par Amory Lovins, expert américain des stratégies énergétiques et fondateur du Rocky Mountain Institute.  Ce terme désigne de manière globale l’énergie non consommée ou économisée par des actions de sobriété ou d’efficacité énergétique.

Rencontre avec Vincent PROVOT, Ingénieur indépendant et « startuper » chez Avenir4.

1. Bonjour Vincent et bienvenue. Présentez-vous en 10 mots…

Ingénieur Conseil Indépendant, je suis passionné de décroissance énergétique depuis 15 ans.

2. Comment définiriez-vous l’efficacité énergétique ?

C’est le rapport entre la consommation d’énergie et le service rendu, et le deuxième axe de la démarche Négawatt (entre « sobriété » et « renouvelables »).

Dans les années 90’s, Amory B. Lovins proposait au club de Rome un rapport intitulé « Facteur 4 ». Le sous titre était « deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins de ressources ».

En France, depuis bientôt 15 ans, le « facteur 4 pour 2050 » est inscrit dans les Lois.

En fait, cet objectif national pourrait s’appeler « facteur 8 », avec pour sous-titre « quatre fois moins de CO2 et deux fois plus de bien être ».

Ce principe d’efficacité se décline sur les rendements de tous les systèmes énergétiques : quelles consommations pour quels services rendus ?

3. Quel est votre point de vue sur les principaux obstacles en jeu ?

Le principal frein à une réelle transition est psychologique : le changement fait peur. Compte tenu de l’ampleur des changements à venir, beaucoup préfèrent adopter la politique de l’autruche. L’immobilisme est toujours facile à justifier.

Autres freins constatés : l’ignorance des uns et la cupidité des autres. Le combat continue…

4. Quels leviers, dans votre domaine d’activité, pourraient être utilisés pour accélérer les choses ?

Le moteur premier est la volonté, croissante, d’entrer dans une démarche de « transition bas carbone ».

Le travail en réseaux, la coordination et la mutualisation sont d’autres leviers fondamentaux. Des objectifs ambitieux peuvent désormais être atteint grâce à la multiplication des retours d’expériences.

L’outil « numérique » sera central : pour aller plus vite, pour mieux comprendre. L’IA et le Big Data vont jouer un rôle majeur, non seulement pour accélérer, mais pour aller dans la bonne direction.

Je suis assez serein sur notre capacité à transitionner rapidement, quand j’observe la rapidité de montée en puissance de certaines startup : sur la « planète blockchain » comme dans le monde réel, les disruptions (ie : enterrement d’une solution « du 20e siècle ») se multiplient et les déploiements des solutions innovantes sont parfois très rapides.

Accélérer… pour mieux ralentir ?

La modification psychologique de notre rapport au temps jouera aussi un rôle : d’un côté, il faut accélérer les changements, ça tombe bien car tout s’accélère depuis 50 ans ; d’un autre côté il faut ralentir. Je pense d’ailleurs qu’il faudrait se poser la question à l’envers : « comment ralentir les choses ? ».

5. Quels résultats ou changements concrets vous amèneraient à considérer que la transition énergétique est réussie ?

Pour moi, la transition énergétique en France sera réussi lorsque nous serons sortis à 90% de notre dépendance aux énergies fossiles et nucléaires, et que nous aurons atteint l’objectif « facteur 4 pour 2050 ». Né dans les années 80, mon objectif est de fêter cette réussite pour mes 70 ans.

Il faut aussi qu’elle se traduise par un système pérenne et qu’elle ait permis de réduire les inégalités et autres injustices, tout en optimisant la qualité de vie des générations futures.

 

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