Aux croisements entre architecture, technologie, culture et environnement, le réseau scientifique ARCHES a pour objet de générer à terme des connaissances et des innovations de rupture.

C’est pourquoi, ARCHES se confronte aux conditions limites générées par des milieux extrêmes comme l’espace et les planètes du système solaire, les océans et les univers sous-marins, la haute montagne, les déserts ou les calottes glaciaires de notre planète, …

En s’efforçant de répondre aux défis actuels et futurs des bâtiments ou des villes, le réseau ARCHES  souhaite rassembler à l’échelle nationale des compétences uniques en France et devenir à terme en Europe un des lieux de ressourcement scientifique et d’excellence sur les architectures des milieux extrêmes. Ce réseau scientifique thématique est soutenu pour 3 ans, entre 2018 et 2020, par le Ministère de la Culture.

Aujourd’hui, nous parlons de transition et d’efficacité énergétique avec Emmanuel DUFRASNES, fondateur du réseau ARCHES.

1. Bonjour Emmanuel et bienvenue. Présentez-vous en quelques mots…

Enseignant et chercheur depuis 2010 au sein de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture associée à l’Université de Strasbourg, je développe principalement des formations et des recherches liées à la résilience environnementale des bâtiments et à l’ingénierie durable des territoires.

En 2017, j’ai pu fonder le réseau scientifique ARCHES pour conduire des travaux exploratoires entre SpaceTech et GreenTech.

Ce réseau est labellisé par le Ministère de la Culture. Par ailleurs, j’interviens au sein de l’Institut National de Transition Énergétique NOBATEK INEF4 pour coordonner des expertises technologiques ou scientifiques.

2. Comment définiriez-vous l’efficacité énergétique ?

Par une approche trop techniciste ou performantielle des problématiques énergétiques et environnementales, nous oublions que de nombreux projets utopistes ou toujours en cours de développement (SeaOrbiter de Jacques Rougerie, VegetalCity de Luc Schuiten, Orchidées en Bois de Vincent Callebaut, Abris furtifs de Stéphane Malka, Base lunaire de Foster + Partners, …), … ainsi que des opérations exemplaires existantes (Refuges du Goûter ou du Mont Rose, Station spatiale internationale, Base polaire Princesse Elisabeth, Station de recherche Halley VI, Observatoire Paranal, …) pourraient nous servir de sources d’inspiration.

Depuis « Utopia » de Thomas More en 1516 en passant par le Phalanstère de Charles Fourier en 1834, nous essayerons de démontrer au travers de ces expériences l’intérêt d’une démarche utopiste comme outil d’aide à la conception et de prospective pour imaginer l’avenir et le futur des bâtiments ou des villes.

Un avenir où l’évolution technologique (habileté, intelligence, efficacité) se développerait de manière plus respectueuse de l’humain et de l’environnement.

3. Quel est votre point de vue sur les principaux obstacles en jeu ?

Se situant aux croisements entre architecture, technologie, culture et environnement, le réseau scientifique thématique ARCHES  se veut exploratoire et pluridisciplinaire, permettant de mettre en synergie des compétences complémentaires en faveur des questions d’innovation architecturale.

C’est le principal défi que nous devons relever pour accélérer l’innovation ouverte et le transfert de technologies ou de connaissances entre des milieux scientifiques qui n’étaient pas forcément voués à se rencontrer.

4. Quels leviers, dans votre domaine d’activité, pourraient être utilisés pour accélérer les choses ?

En s’efforçant de répondre aux défis actuels et futurs des bâtiments ou des villes, la mise en réseau de plus d’une trentaine de partenaires publics et privés devrait permettre de générer à terme des connaissances et des innovations de rupture en se confrontant aux conditions limites générées par des milieux extrêmes comme l’espace et les planètes du système solaire, les océans et les univers sous-marins, la haute montagne, les déserts ou les calottes glaciaires de notre planète, …

En désilotant les champs de compétences, en fédérant les acteurs existants et en consolidant les partenariats ou les actions conduites à l’heure actuelle de manière isolée ou partielle, la plateforme d’échanges scientifiques que constitue ce réseau scientifique thématique devrait permettre de développer des solutions techniques ou constructives, des méthodologies ou des outils permettant de concevoir des architectures pouvant s’adapter à des contraintes extrêmes.

5. Quels résultats ou changements concrets vous amèneraient à considérer que la transition énergétique est réussie ?

Le soutien du Ministère de la Culture est l’une preuve de l’engagement de la France.

En peu de temps, notre réseau a également réussi et continue à rassembler des compétences uniques en France et en Europe pour devenir un des lieux de ressourcement scientifique et d’excellence sur les architectures des milieux extrêmes. Il est également parrainé par deux personnalités d’envergure, un architecte et un astronaute :

  • L’architecte Jacques ROUGERIE. Il mène de front ses deux passions, la mer et l’architecture. Il fonde ses recherches et ses réalisations sur le principe de biomimétisme, tout en tenant compte du développement durable. Il construit des habitats, des laboratoires sous-marins, des centres de la mer, des vaisseaux à coque transparente, des musées subaquatiques et projette des villages et des lieux de vie sous la mer afin de sensibiliser le plus grand nombre à la beauté et au rôle fondamental de la mer dans la grande histoire de l’humanité. Il est élu en 2008 à l’Institut de France – Académie des Beaux-Arts.
  • L’astronaute Jean-Jacques FAVIER, Professeur et Directeur de la Recherche à l’International Space University. Sixième français à avoir à être allé dans l’espace en 1996 à bord de la navette Columbia, il a été entre 1996 et 2009 Directeur de Recherche au C.E.A. de Grenoble, chargé de mission auprès du haut-commissaire du C.E.A. et conseiller du directeur des technologies avancées du C.E.A. Il rejoint entre 1999 et 2003 le C.N.E.S. à Toulouse, où il devient Directeur Adjoint des Techniques Spatiales et responsable de l’animation des centres de compétences techniques.

A propos d’Emmanuel DUFRASNES, Arch. Dr. Ing., Enseignant-Chercheur

Emmanuel DUFRASNES, maître-assistant au sein de l’ENSAS, a fondé le réseau scientifique « ARCHES » et le coordonne avec Denis BRUNEAU (I2M) de l’Université de Bordeaux entre 2017 et 2020. Il dispose d’une expérience de plus de 10 ans au sein de bureaux de conseils en Belgique et en France dans le domaine de la construction et de l’aménagement durable. A ce titre, il est régulièrement missionné comme expert sur les thèmes liés à la construction de bâtiments à énergie positive ou à l’aménagement urbain durable. Il agit également en tant qu’expert Crédit Impôt Recherche pour le compte du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Au sein de l’Ecole d’Architecture de Strasbourg, Emmanuel DUFRASNES coordonne l’ensemble des cours liés à l’ingénierie environnementale des bâtiments et des villes. Il intervient également au sein de la Licence Pro « Construire Ecologique » menée conjointement avec l’IUT d’Illkirch.

Chercheur pour le laboratoire public AMUP ENSAS-INSA et associé au laboratoire LIVE de l’Université de Strasbourg, il mène des travaux financés par le PUCA, l’ANR et l’Europe sur la résilience environnementale des territoires, la durabilité urbaine et la performance énergétique des bâtiments. En partenariat avec l’International Space University et le Florida Institute of Technology, il conduit des recherches exploratoires entre SpaceTech et GreenTech.

Par ailleurs, il intervient au sein de l’Institut National de Transition Énergétique NOBATEK INEF4 pour coordonner les expertises technologiques ou scientifiques sur l’innovation ouverte en matière d’urbanisme. Il s’intéresse également aux questions de financement alternatif de la recherche.

Plus d’informations sur : http://www.arches.urbicoop.eu

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